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oooooooCeci est une proposition pour comprendre un parcours artistique qui n'est pas une chose immuable, jalonné de dates d'expositions, mais aussi un temps tissé de rencontres spirituelles importantes, construisant et révélant une singularité.
Puis vient le temps de l'atelier où s'installe un dialogue avec le miroir de nos doutes qu'est la toile à peindre.
Il serait bon maintenant que je vous donne à lire quelques petits textes, écrits à l'occasion d'expositions personnelles à la galerie de Buci.

EXPOSITION AUTOMNE 2008. " Des mondes possibles ".
galerie de Buci., 73 rue de Seine, 75006 Paris.

Plusieurs déplacements en 2005 nourrissent cette présentation.
1ère période : le printemps
Je poursuis ma réflexion sur l’image et m’engage un peu plus sur cette voie avec une série de quinze toiles intitulée « Sauve toi un instant » où je retrouve la verticalité des personnages et des horizons-fragments de paysage. Sur cette réflexion, j‘éprouve le désir de retrouver des paysages telluriques et décide de partir pour l' Espagne et la Galice en espérant y trouver ma matière.

2ème période : printemps–été
Je m’installe à la Corogne (Espagne) pour y peindre une série de quinze toiles intitulée « un mundo mejor-Galicia »

3ème période : automne
Retour à mon atelier dans les Pyrénées, puis je repars presque immédiatement pour l’Espagne et l’ Aragon pour y retrouver des lieux, comme la vallée du rio Isabena que j' ai traversé à cheval, dans un entrelac de plateaux et de canyons arides. Je fais quelques croquis que j'utilise pour une série intitulée « Un monde meilleur, Aragon »

4ème période : automne-hiver
Je retrouve l’ambiance des bergeries, les cheminements dans les tunnels végétaux avec les animaux et les hommes.
Et fabrique ma cosmogonie.

Texte de Moselly Batamack - 2008 - De l'usage du monde en peinture

« Je t’envoie par mail des images de mes tableaux, tu feras un texte si ça te dit… ».
C’est en ces termes que Louis Durran m’a suggéré de lui proposer un témoignage sur sa série de toiles « Des mondes possibles », lesquelles forgées dans une quête de l’ailleurs, explorent des perceptions anachroniques, physiques et mentales de notre réalité.

Bien que sa demande laisse poindre une sincère hésitation, pour moi l’affaire était entendue. Il y’aurait peut être un profit à tirer dans ce dialogue amical autour de la recherche «Des mondes possibles » ; voilà qui est dit.

Mais, comment disserter sur des peintures dont le message est une invitation à déchiffrer une réalité non officielle, sans trahir la sincérité d’une démarche artistique.

Peindre dans l’intention de recouvrer des mondes possibles, n’est-ce pas admettre que notre monde n’est pas un ensemble objectif, ni dans sa forme, ni dans sa destination ? Peindre des mondes possibles, n’est-ce pas représenter le monde, son monde, dans toutes ses dimensions : sociale, mythologique, métaphysique, cosmique ? Tout comme c’est réaffirmer que seule l’œuvre d’art nous éloigne de la réalité immédiate et nous ouvre à des mondes possibles, dès lors qu’elle s’arrache au lexique de la raison et à son emprise dévote qui développe une perspective uniformisante pour le moins discutable.

En nous proposant des œuvres qui réhabilitent une vision du monde comme pure constellation d’éléments sur la formation du monde ; bien au-delà des apparences et des certitudes, Louis Durran revient dans son art, aux formes de dévoilements incertaines, premières, rupestres : à la cosmogonie.


EXPOSITION du 23 SEPT. au 23 OCT. 2004" Des cendres au printemps "
galerie de Buci. 73 rue de Seine, 75006 Paris

Les toiles ont été réalisées en technique mixte ( cendres et charbon de bois issus de ma cheminée avec des collages de papiers asiatiques, semi-transparents).Regarder la fin de l'hiver, la renaissance du printemps au travers de la vitalité du liseron des collines, tout cela stimule mon énergie et mon esprit.

Texte Francis Casillas - 2004
Pour qui connaît l’artiste, la dédicace qui ouvre ce carnet éclaire autant les tensions profondes qui animent son travail que la relation à l’autre qu’il propose à travers sa peinture.
On peut y déchiffrer cette forme de connivence avec un aîné qui, à l’âge fatidique, encourage à affirmer sa singularité et à exprimer en toute liberté une perception esthétique et émotionnelle du monde que l’on ressent intimement comme très personnelle et, dans le même temps, partagée.
Mais derrière cette marque de reconnaissance se révèle aussi la fierté d’arborer ce catalogue comme le témoignage d’un devoir accompli, d’une pierre apportée, au fond d’une identité culturelle commune fidèlement perpétuée.
La figure du grand-père placée en exergue est celle d’un « paysan » et l’écriture de l’artiste est imprégnée de son environnement rural où la nature dans toutes ses composantes est omniprésente, mais aussi les traces de la présence et de l’action de l’homme, à la fois empreintes physiques sur l’ élément naturel et témoignages culturels des générations antérieures jusqu’aux plus ancestrales.
La peinture de DURRAN - peinture « concrète », au sens où l’on parle de musique concrète, composée de formes, signes, traces, contours, contrastes de matière, transparences, …. , autant d’outils extraits du réel, non conventionnels, non codifiés- provient du désir profond de faire émerger sur le support l’expression d’une culture archaïque mais pérenne de l’homme confronté à son environnement naturel .
Mais, loin de tout discours nostalgique, chaque œuvre se construit dans le moment présent, autour d’une intuition, sans référence explicite à un autre moment, lieu, chose. Chacune est une expérience émotionnelle immédiate, instantanée, donnée à re-sentir, re-connaître, re-découvrir, dans un langage plastique concret directement accessible, ni symbolique, ni conceptuel. Chacune propose à l’observateur un fil à saisir pour plonger dans sa propre intimité, sa propre expérience, dans l’espoir d’établir cette qualité de relation évoquée par la dédicace.


NOVEMBRE 2000,"Ombres portées dans l'Atacama".
Première exposition avec la galerie de Buci, 73 rue de Seine, Paris 75006.

Peintures sur toile réalisées au Chili, dans le petit village de Toconao (désert de l'Atacama) où j' ai séjourné.